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  • Photo du rédacteurMagali Depras

De l'importance du G dans ESG



Ces dernières semaines, on m’a plusieurs fois posé la question relative au G de ESG. Qu’est-ce qu’une bonne gouvernance? Que doit-on mesurer et pourquoi? Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles une gouvernance des engagements environnementaux et sociaux d’une entreprise est nécessaire. Elle vient appuyer la stratégie et la création de valeur financière et extra financière de l’entreprise, tout en lui permettant de mieux répondre aux attentes de ses parties prenantes.


Les investisseurs

La proportion d’entreprises responsables a augmenté au fil du temps dans les portefeuilles d’investissement. Les critères ESG permettent aux analystes financiers d’évaluer l’inclusion ou l’exclusion d’une entreprise donnée dans leur portefeuille. Dans ce contexte, les investisseurs ont besoin d’informations détaillées relatives aux pratiques et à la performance ESG des entreprises, afin de pouvoir prendre leurs décisions en connaissance de cause.

De nouveaux outils de financement tels les emprunts verts ont aussi fait leur apparition et sont désormais proposés aux entreprises. Dans le cadre d’un prêt lié à la durabilité, le taux d'intérêt peut varier à la hausse ou à la baisse selon que l'entreprise atteint ou non les objectifs ESG préalablement définis au contrat. Afin de valider l’exactitude des données divulguées, une vérification annuelle par un auditeur externe est demandée. Cela implique un travail de fond important pour les équipes qui n'ont jamais fait l’expérience d’audit des données ESG, mais peut se révéler être un exercice très utile pour l’entreprise afin d’être mieux préparée aux futures exigences en matière de divulgation.


Nouveaux standards ESG

Les entreprises sont depuis longtemps confrontées à une multiplicité de normes pour leur reddition de comptes ESG. C’est un casse-tête pour les équipes en charge, qui est souvent perçu comme une activité peu ou pas créatrice de valeur. La bonne nouvelle est que des actions ont été prises pour tendre vers une harmonisation et l’adoption d’un langage commun et faciliter le travail de reddition de comptes et celui d’analyse de ces divulgations.

En Europe, la nouvelle directive sur la publication d’informations de durabilité (CSRD) sera applicable à partir de 2025 et portera sur l’exercice financier 2024. Concrètement, les entreprises devront publier des informations relatives à l’environnement et aux éléments sociaux. Toutes ces informations devront passer un processus d’audit systématique avant de pouvoir être publiées. On estime à 1.300 le nombre d’entreprises canadiennes qui seront assujetties à la règle européenne.


L’ISSB (International Sustainability Standards Board), dont le bureau principal nord-américain est établi à Montréal, a publié deux normes cette année, l'IFRS S1 et l'IFRS S2, qui entreront en vigueur en janvier 2024. La norme IFRS S1 exige qu'une entreprise publie des informations sur sa gouvernance, sa stratégie et sa gestion des risques, ainsi que des objectifs mesurables, en rapport avec les risques et opportunités liés au développement durable. La norme IFRS S2, quant à elle, requiert des informations sur les opportunités et risques liés au changement climatique.

Aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) a récemment proposé d'exiger des entreprises une divulgation des informations sur les risques liés au climat et susceptibles d'avoir un impact sur leurs activités, ainsi que sur les processus que l'entreprise a mis en place pour faire face aux risques climatiques.

En résumé, le cadre règlementaire est en train d'évoluer à vive allure et les attentes envers les entreprises vont s'accroître.


Des chaînes d’approvisionnement interdépendantes

Dans le cadre de l’approvisionnement, les entreprises assistent à un effet de cascade. Une grande entreprise publique avec des engagements ESG va rechercher le soutien de ses fournisseurs et partenaires pour atteindre ses objectifs. C’est le cas par exemple de l’empreinte carbone, pour laquelle une entreprise va non seulement piloter ses propres émissions de gaz à effet de serre mais aussi chercher à comprendre celles de ses fournisseurs. Cela fait partie de ce que l’on appelle le Scope 3 en comptabilité des GES.

C’est aussi le cas pour ce qui a trait à l’aspect social et éthique des chaînes de valeur. Par exemple, une entreprise voudra savoir où et dans quelles conditions de travail sont fabriqués les produits qu’elle achète.

Les outils et plateformes d’évaluation ESG des fournisseurs sont de plus en plus évolués. Il est également habituel pour une entreprise de recevoir des questionnaires détaillés soumis par ses clients, lesquels exigent parfois même un seuil minimum de performance ESG de la part de leur fournisseur. Il est d’ailleurs important de noter que les petites et moyennes entreprises sont confrontées aux mêmes exigences et devront se préparer et anticiper les ressources, en particulier humaines et informatiques, nécessaires pour collecter et communiquer leurs données, notamment en matière environnementale.


Vers une opérationnalisation de la gouvernance

L'articulation d'une stratégie solide associée à une gouvernance efficace des objectifs environnementaux et sociaux peut ouvrir de nouvelles perspectives pour une entreprise, en garantissant un impact positif pour les parties prenantes tout en maximisant sa valeur.

Il ne s’agit pas tant de collecter et de divulguer des données ESG une fois par an pour tel ou tel rapport, ce qui n’est pas une fin en soi, mais plutôt de gérer les indicateurs de façon proactive et dynamique à travers les différents secteurs de l’entreprise. Les gains en matière d’efficacité énergétique et la réduction des déchets, une gamme de produits durables plus innovants, une santé et sécurité des employés renforcées, l’attractivité en tant qu’employeur avec plus de diversité et d’inclusion, un impact positif sur les communautés. Autant d’éléments qui contribuent à augmenter la valeur financière et extra financière de l’entreprise.


Passez à l’action!

Terminons avec un petit exercice d'auto-évaluation. Je vous invite à réfléchir à ces questions:

  • Quelle est la structure de gouvernance ESG de votre entreprise?

  • Vos objectifs et indicateurs de performance sont-ils alignés sur votre stratégie?

  • Comment intégrez vous les besoins de vos parties prenantes?

  • Quelles fonctions sont responsables de l’exécution des différents indicateurs ESG?

  • Quelles sont les mesures d'incitation en place?

  • Comment les données sont-elles mesurées et collectées?

  • Des contrôles internes sont-ils en place pour garantir l’intégrité de ces données?

J’ai hâte de vous entendre et de poursuivre la conversation.


Salutations durables,

Magali



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